Les erreurs du Monsieur Covid américain impactent le monde occidental, Suisse comprise

Dans une tribune publiée par le magazine américain Newsweek, deux sommités de l'épidémiologie contestent la politique du Dr Anthony Fauci. Celle-ci est pourtant devenue la référence pour la quasi-totalité des gouvernements occidentaux. "Le Dr Fauci s'est trompé sur des questions majeures d'épidémiologie et de santé publique. La réalité et les études scientifiques l'ont maintenant rattrapé."

par Jean-Dominique Michel, anthropologue de la santé, référent en santé publique de Covidhub.

Les analyses qui suivent sont très largement reprises de la tribune écrite par les Pr Kulldorff et Bhattacharya. Les liens renvoient aux références originales, en anglais, citées par les auteurs.

Cela fait dix-huit mois que les pays du bloc occidental appliquent des politiques coercitives et liberticides, au motif d’un impératif sanitaire. Pourtant, comme cela a été abondamment évoqué sur Covidhub, elles sont profondément contraires aux connaissances et aux bonnes pratiques en santé publique.

Des mesures contraires à l’éthique et aux connaissances

Jamais encore des idées comme le confinement d’une population en bonne santé, l’imposition généralisée du port du masque contre un virus ou la « vaccination » de catégories de la population courant plus de risques avec la vaccination qu’avec la maladie n’avaient été envisagées, tant elles sont contraires à l’éthique et aux connaissances scientifiques.

Un défilé continu de médecins de plateaux télévisés pétris de conflits d’intérêts est venu brouiller cette évidence, sans que les défenseurs des bonnes pratiques aient voix au chapitre. C’est dire si la prise de position des deux scientifiques de réputation mondiale dans un média aussi prestigieux que Newsweek a fait l’effet d’une bombe.

Déconstruisant les décisions imposées aux États-Unis – et à partir de là à travers le monde – les auteurs passent en revue les erreurs commises, aux conséquences incalculables.

Le déni incompréhensible de l’immunité naturelle

En poussant à l’imposition de vaccins, le Dr Fauci a ignoré l’immunité naturellement acquise parmi les personnes guéries du Covid, qui sont plus de 45 millions aux Etats-Unis. Ceci alors que l’immunité naturelle est plus forte et plus durable que l’immunité induite par le vaccin : dans une étude réalisée en Israël, les personnes vaccinées se sont montrées 27 fois plus à risque de contracter le Covid symptomatique que les personnes non vaccinées qui s’étaient remises d’une infection antérieure.

Sous le mandat de Fauci – comme cela se passe aussi en France – les hôpitaux ont licencié des médecins, des infirmières et des aides-soignantes héroïques qui se sont rétablis du Covid. Grâce à leur immunité supérieure, ils pouvaient pourtant s’occuper en toute sécurité des patients les plus âgés et les plus fragiles, avec un risque de transmission encore plus faible que les personnes vaccinées.

Le défaut de protection des personnes âgées

Si tout le monde peut être infecté, le risque de mortalité est plus de mille fois supérieur entre les personnes âgées et les jeunes. Après plus de 700 000 décès déclarés dus au Covid en Amérique, il est évident que les mesures de confinement n’ont pas réussi à protéger les personnes âgées à haut risque.

Lorsqu’il a été confronté à l’idée d’une protection ciblée des personnes vulnérables, le Dr Fauci a admis qu’il n’avait aucune idée de la manière d’y parvenir, arguant que ce serait impossible. « Cela peut être compréhensible pour un scientifique de laboratoire, mais les scientifiques de la santé publique ont présenté de nombreuses suggestions concrètes qui auraient été utiles, si Fauci et d’autres responsables ne les avaient pas ignorées » relèvent les auteurs.

Une campagne de « vaccination » généralisée absurde

Ils ajoutent que « les efforts de vaccination actuels devraient viser à atteindre les personnes de plus de 60 ans qui ne sont ni guéries du Covid, ni déjà vaccinées« . Au lieu de cela, le Dr Fauci a fait pression pour que les vaccins soient obligatoires pour les enfants, les étudiants et les adultes en âge de travailler qui sont déjà immunisés – toutes populations à faible risque – ce qui a provoqué d’énormes perturbations sur les marchés du travail et entravé le fonctionnement de nombreux hôpitaux. Sans parler des effets secondaires sans précédents, y compris sur des tranches d’âge où la « vaccination » aura tué beaucoup plus que sauvé de vies selon les données admises par la FDA.

  • Voir Un géant de la médecine académique dénonce le « nihilisme » médical : cliquer ici.

Fermeture inutile des écoles, la Suède le prouve

Si les écoles sont des points de transmission importants pour la grippe, ce n’est pas le cas avec le Covid. Bien que les enfants puissent être infectés, leur risque de décès lié au Covid est infime, inférieur au risque déjà faible de mourir de la grippe.

Tout au long de la vague du printemps 2020, la Suède a ainsi gardé les garderies et les écoles ouvertes pour tous ses 1,8 million d’enfants âgés de 1 à 15 ans, sans masques, sans tests ni distanciation sociale. Le résultat ? Zéro décès dû au Covid chez les enfants et un risque pour les enseignants inférieur à la moyenne des autres professions. À l’automne 2020, la plupart des pays européens ont suivi l’exemple, avec des résultats similaires. « Compte tenu des effets dévastateurs de la fermeture des écoles sur les enfants, le plaidoyer du Dr Fauci en faveur de la fermeture des écoles pourrait être la plus grande erreur de sa carrière« , assènent les auteurs

Les masques

L’étalon-or de la recherche médicale est l’essai randomisé ; or seuls deux ont été réalisés concernant les masques pour les adultes. Pour les enfants, il n’existe aucune preuve scientifique solide de l’efficacité des masques.

Une étude danoise n’a trouvé aucune différence statistiquement significative entre le fait de porter ou non un masque en ce qui concerne l’infection par le coronavirus. Dans une étude menée au Bangladesh, l’intervalle de confiance de 95 % a montré que les masques réduisaient la transmission entre 0 % et 18 %. Par conséquent, les masques ne présentent aucun avantage ou alors un avantage très limité. Le Dr Fauci aurait pu mettre l’accent sur de nombreuses autres mesures essentielles en cas de pandémie, telles qu’une meilleure ventilation dans les écoles et l’embauche de personnel soignant possédant une immunité naturelle.

Recherche des contacts : un gaspillage de ressources 

Pour certaines maladies infectieuses, comme Ebola et la syphilis, expliquent Kulldorff et Bhattacharya, la recherche des contacts est d’une importance capitale. Pour une infection virale circulant couramment comme le Covid, il s’agissait d’un gaspillage désespéré de précieuses ressources de santé publique, qui n’ont aucunement permis d’enrayer la maladie.

Dommages collatéraux désastreux

Un principe fondamental de la santé publique est que la santé est multidimensionnelle ; le contrôle d’une seule maladie n’est pas synonyme de santé. « En tant qu’immunologiste, soulignent les experts, le Dr Fauci n’a pas correctement pris en compte et pesé les effets désastreux que les confinements auraient sur la détection et le traitement du cancer, les résultats des maladies cardiovasculaires, les soins du diabète, les taux de vaccination des enfants, la santé mentale et les surdoses d’opioïdes, pour n’en citer que quelques-uns. Les Américains vivront avec – et mourront de – ces dommages collatéraux pendant de nombreuses années à venir. » Une politique inacceptable et destructrice, scientifiquement indéfendable.

Propagande médiatique, calomnies, censure et peur des représailles

Les auteurs relèvent la propagande médiatique qui a réussi à faire croire – ce qui n’était pas le cas – qu’il y avait un consensus scientifique en faveur de cette politique désastreuse.

« Dans les conversations privées, la plupart de nos collègues scientifiques sont d’accord avec nous sur ces points. Si quelques-uns ont pris la parole, pourquoi n’ont-ils pas été plus nombreux à le faire ? Eh bien, certains ont essayé mais ont échoué. D’autres se sont tus lorsqu’ils ont vu des collègues calomniés et diffamés dans les médias ou censurés par Big Tech. Certains sont des fonctionnaires à qui il est interdit de contredire la politique officielle. Beaucoup ont peur de perdre leur poste ou leurs subventions de recherche, sachant que le Dr Fauci est assis sur la plus grande pile de fonds de recherche sur les maladies infectieuses au monde. La plupart des scientifiques ne sont pas des experts en matière d’épidémies de maladies infectieuses. Si nous étions, disons, oncologues, physiciens ou botanistes, nous aurions probablement aussi fait confiance au Dr Fauci.

Les preuves sont là. Gouverneurs, journalistes, scientifiques, présidents d’université, administrateurs d’hôpitaux et chefs d’entreprise peuvent continuer à suivre le Dr Anthony Fauci ou ouvrir les yeux. Après plus de 700’000 décès dus au COVID et les effets dévastateurs des confinements, il est temps de revenir aux principes de base de la santé publique » concluent-ils.

Partout pareil ?

Les mêmes mesures absurdes et anti-scientifiques ayant été imposées dans la quasi-totalité des pays occidentaux, à l’exception notoire de la Suède, nous devons nous interroger sur les raisons d’un tel fiasco.

Les panels d’experts de seconde catégorie (en termes de compétences scientifiques), co-optés et pétris de liens avec l’industrie pharmaceutique doivent être questionnés à l’aune de la distorsion possible dans la probité des politiques : celles-ci ont-elles servi à protéger la population ? Et si oui, pourquoi avoir adopté des mesures aussi mauvaises et contraires aux principes établis ? Ou ont-elles avant tout servi les intérêts économiques d’une industrie à laquelle tous les médecins et chercheurs institutionnels doivent leur carrière, dépendant qu’ils sont des financements qu’ils en obtiennent ?

Dans une précédente interview à Epoch Times, le Pr Kulldorff avouait ne rien comprendre aux enjeux politiques en la matière. Ajoutant que c’était à la presse de faire son métier et d’enquêter. Le problème étant de savoir où la presse est passée depuis 18 mois… comme la santé publique digne de ce nom d’ailleurs.

 

Martin Kulldorff, Ph.D., est épidémiologiste, biostatisticien et professeur de médecine à la Harvard Medical School. Jay Bhattacharya, MD, Ph.D., est professeur de politique de santé à la faculté de médecine de l’Université de Stanford.

 

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