Injecter des doses répétées n’est pas viable, affirment l’Agence européenne des médicaments et l’OMS

Marco CAVALERI, de l'EMA, a mis en garde contre les risques de "surcharge du système immunitaire" et de fatigue dans la population, dus aux boosters trop fréquents. Il préconise de passer à une approche endémique de la maladie, comme pour la grippe. Alain BERSET, ministre de la Santé suisse, nétait pas au courant des déclarations récentes de l'OMS.

Le 11 janvier dernier, l’Agence européenne des médicaments (EMA en anglais) a exprimé officiellement des doutes quant à l’administration d’un quatrième vaccin à la population, affirmant que l’injection de doses répétées n’était pas une stratégie «durable».

« Le Covid-19 va se transformer en maladie endémique avec laquelle l’humanité peut apprendre à vivre »

Bien que la maladie soit toujours en phase pandémique, la propagation du variant Omicron va transformer le Covid-19 en une maladie endémique, avec laquelle l’humanité peut apprendre à vivre, a précisé le régulateur européen.

«Personne ne sait exactement quand nous serons au bout du tunnel mais nous y arriverons», a déclaré Marco Cavaleri, chef de la stratégie vaccinale de l’EMA, basée à Amsterdam. «Avec l’augmentation de l’immunité dans la population – et avec Omicron, il y aura beaucoup d’immunité naturelle en plus de la vaccination – nous avancerons rapidement vers un scénario qui sera plus proche de l’endémicité», a ajouté Marco Cavaleri en conférence de presse.

OMS: trop de rappels peuvent compromettre l’immunité

La branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé a quant à elle relevé qu’il était actuellement impossible de qualifier le virus d’endémique, comme l’est la grippe. «Nous avons toujours un virus qui évolue assez rapidement et qui pose de nouveaux défis», a affirmé la responsable des situations d’urgence à l’OMS Europe, Catherine Smallwood. Plus de la moitié des Européens pourraient être touchés par le variant Omicron d’ici à deux mois au vu du «raz-de-marée» actuel, selon l’OMS Europe.

« Nous finirons par avoir potentiellement des problèmes de réponse immunitaire »

Cette dernière a également prévenu que combattre la pandémie de Covid-19 à coups de doses de rappel des vaccins actuels n’était pas une stratégie viable, un avis partagé par l’EMA. «Si nous avons une stratégie dans laquelle nous donnons des rappels tous les quatre mois, nous finirons par avoir potentiellement des problèmes de réponse immunitaire», a déclaré Marco Cavaleri.

«Et deuxièmement, il y a bien sûr le risque de fatigue de la population avec l’administration continue de doses de rappels», a-t-il ajouté.

 

 

Les pays devraient plutôt penser à espacer les rappels à des intervalles plus longs et à les administrer au début de l’hiver, comme le vaccin contre la grippe, a-t-il soulevé.

Bien qu’Omicron semble plus contagieux que d’autres variants, des études ont montré un risque plus faible d’être hospitalisé après une infection par ce variant – estimé entre un tiers et la moitié du risque avec le variant Delta, selon l’EMA.

Le ministre de la Santé suisse a du mal à comprendre la question

Lors d’un point presse le 12 janvier, au lendemain de celle de l’AEM, Alain Berset, magistrat en charge de la Santé en Suisse, a été interrogé à distance par un journaliste quant à sa posture sur la déclaration de l’OMS.

Déviant l’attention sur la mauvaise qualité de la communication et sur la difficulté à comprendre la question, le conseiller fédédral a ensuite fait une réponse souvent qualifiée de « pathétique » sur les réseaux sociaux, admettant même n’avoir pas avoir entendu parler (!) de la prise de position de l’OMS.

En substance : « Mais non, mais non, tout va bien avec notre politique de rappels, les vaccins à ARN messager sont adéquats et on va continuer comme ça » :

 

  • Lire l’article du Figaro ici

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