Médias : Coronapoutine ou les amalgames honteux

Un rappel à l'ordre de Christian Campiche, fondateur du site Infoméduse

Le journaliste suisse, partenaire de Covidhub, tape du poing sur la table, suite à un article récent de la Tribune de Genève et de 24 Heures, qui dérape dans un amalgame nauséabond entre coronasceptiques / non-vaccinés et une posture pro-Poutine dans la crise russo-ukrainienne. Une vision manichéenne entre les « gentils » et les « méchants », propagée durant la « crise » du Coronavirus. Aujourd’hui, cette même vision simpliste et trompeuse est transférée à la guerre en Ukraine. Et si on regardait plutôt du côté de l’indémodable question : à qui profite réellement le crime, soit le terrible conflit en cours ? Follow the money.

(Intertitres de la rédaction)

Coronapoutine

Les «no-vax» sont-ils des suppôts de Vladimir Poutine? Les journaux Tamedia en sont convaincus, qui titrent, dans leur édition du 26 février: «Comment la défense de Vladimir Poutine devient désormais le nouveau combat des coronasceptiques».

Les bons, les mauvais, rien au milieu: « 24 Heures » et la « Tribune de Genève » ont bien sûr tout compris.

L’humanité se partage entre les béni-oui-oui, à qui le Ciel est dévolu, et les Neinsager, rebuts de l’humanité, parmi lesquels les « no-vax » occupent une place enviable. Ces irresponsables ont monopolisé les lits des hôpitaux, ils ont vomi sur les pharmas, sauveurs de l’humanité. Ils auraient dû tous mourir, pourquoi sont-ils encore là? Pourquoi embêtent-ils encore le bon peuple?

Vision manichéenne des faiseurs d’opinon médiatiques

Le Covid est mort, vive le Coronavi-Russe! – le mot est du caricaturiste belge JacPé.

La vision manichéenne des faiseurs d’opinion médiatiques trouve un deuxième souffle en Ukraine aujourd’hui. La guerre s’étend désormais également à la propagande par communicants interposés, elle n’a qu’une seule origine: la folie d’un être nommé Poutine.

N’allez pas chercher d’autre raison, c’est inutile, Washington a désigné le diable, il faut le punir. Non, la crise n’aurait pas pu être évitée par l’usage de la sagesse, la neutralité de l’Ukraine, le retrait des missiles de l’OTAN pointés sur la Russie. « Mais pas de souci, M. Poutine, nous ne les utiliserons pas contre vos chars! » Et tant pis si l’autoroute sans péage mène au sacrifice de 40 millions d’Ukrainiens! Autant de consommateurs que l’on avait convaincus de se rallier au panache blanc des multinationales de la pharmacie et de l’informatique. Oui, l’Occident pouvait être fier de ces ambassadeurs aux portes de la barbarie.

A Wall Street, les cours flambent

Même Wall Street n’en veut pas aux artisans de ce nouveau conflit en Europe. D’ailleurs les marchés applaudissent. La stupeur surmontée, les cours ont flambé. Les investisseurs détestent le flottement, la constance les dope.

Pendant la Deuxième guerre mondiale, la Bourse se portait très bien, personne ne parlait d’elle. Les ventes d’armes, c’est bon pour le moral. La ministre de la Défense helvétique milite en faveur de l’avion de combat américain, elle sait désormais pourquoi et affiche sa conviction avec une franche assurance: « Nous sommes prêts!».

Des milliards de dollars à l’embouchure des canons

Prêts à quoi? Tout le monde l’ignore mais cela n’a aucune importance. Après les fonds publics de la caisse Covid, voilà le système à nouveau relancé, les milliards de dollars placés à l’embouchure des canons, comme au bon vieux temps.

Les bons, les mauvais, rien au milieu, vraiment?

En fait, réduire une guerre telle que celle qui a éclaté aux confins de l’Europe à une partie de bowling entre les coronasceptiques et les contempteurs de Poutine n’a aucun sens.

Pas plus que n’en avait le glaive vengeur pointé contre les chrétiens du 5e siècle, lors du sac de Rome par Alaric.

Christian Campiche

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