Peu d’hospitalisés Covid en 2020: la peur a-t-elle été disproportionnée ?

En France, un rapport officiel repris sur les plateaux TV démontre selon les uns qu'il n'y a pas eu de submersion hospitalière. Ils dénoncent le décalage entre la réalité et la perception anxiogène qui en a été donnée au public. "Pas si simple" rétorquent les autres en opposant un déluge de fact-checkings.

Sur la chaîne LCP, l’omniprésent consultant en santé publique Martin Blachier, laissait entendre à mots à peine voilés qu’on avait sorti la grosse artillerie pour pas grand-chose : 2% seulement des jours d’hospitalisation ont concerné des patients Covid en 2020, 5% en « soins critiques » (dont la réanimation). Deux confinements et des milliards d’euros dépensés plus tard, on se retrouve avec des dégâts collatéraux majeurs, en particulier sur les jeunes (voir ici sur CovidHub).

« On aurait pu procéder de manière moins brutale »

La psychothérapeute et auteure Marie-Estelle Dupont a rebondi avec les mêmes arguments sur CNews : « On aurait pu procéder de manière moins brutale, je suis désolée de vous dire que la peur a été disproportionnée », a-t-elle conclu.

 

Panique dans la matrice?

Le site Le Courrier des Stratèges qualifie quant à lui le rapport « d’explosif » et vient d’en mettre le diaporama à disposition de ses visiteurs (lien ci-dessous). Le site Nexus renchérit en titrant : « Rapport fracassant de l’ATIH : les patients Covid n’ont représenté que 2% des patients hospitalisés en 2020 ! » France Soir titre, un brin ironique, sur la « panique dans la matrice » que provoque le document.

Répliquant à ces propos susceptibles de remettre en cause les décisions sanitaires prises, plusieurs médias (dont Libération, LCI et Le Parisien) se sont empressés de nuancer cette lecture des données par un déluge de fact-checkings. Oui, les données sont fiables, disent-ils en substance, mais…

La fragilisation antérieure des hôpitaux passée sous silence

En résumé, contrent-ils, les hospitalisations étaient plus longues que pour la grippe (15,7 jours contre 11) ; la saturation hospitalière a été réelle, mais sur des périodes données, ce qui ne ressort pas si on lisse les données sur l’année ; les moyens engagés en personnel et matériel pour la prise en charge de patients Covid étaient inédits, et bien plus conséquents que pour d’autres pathologies ; les disparités régionales ne sont pas prises en compte ; enfin, si les hospitalisations Covid n’ont effectivement représenté que 2 à 4% (selon les interprétations), en revanche la part des décès Covid s’élève à 16%.

On notera toutefois qu’aucun de ces articles cherchant à faire dans la nuance n’a évoqué la fragilisation problématique des ressources des hôpitaux publics, bien antérieure à la crise du Coronavirus.

Sources :

Pour aller plus loin :

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