Suisse : pourquoi la levée des mesures n’est pas (encore) une bonne nouvelle

Nous n’allons certes pas bouder notre plaisir. Les mesures «sanitaires», c’est comme les coups de marteau sur la tête: ça fait drôlement du bien quand ça s’arrête. Un édito de Jean-Dominique Michel, référent en santé publique de Covidhub.

J’ai une pensée particulière pour les groupes les plus violentés par ce qui nous a été imposé, comme les restaurateurs – en dépit du fait qu’aucune étude sérieuse n’ait jamais documenté que leurs établissements faisaient peser un risque particulier à leur clientèle – les jeunes et les enfants, littéralement maltraités pendant des mois et des mois, là encore sans aucune science probante.

Je pense surtout à toutes celles et ceux dont les bien-pensants et les nouveaux intégristes sanitaires ont fait des parias dans leur propre pays, les vilipendant pour leur refus légitime de refuser de se soumettre à une expérimentation génique hasardeuse.

Grâce aux mesures annoncées ce jour par le Conseil fédéral, l’immense majorité des Suisses se félicitera du retour aux jours d’avant, convaincus que les autorités auront fait de leur mieux pour les protéger. La levée rapide des mesures de contrainte confirmant à quel point il était judicieux de leur faire confiance.

Régression démocratique et légale sans précédent

Il est bien sûr ennuyeux en ce moment de réjouissance de jouer (encore) au mauvais esprit. Mais tout n’est, et de loin, pas si réjouissant, comme le souligne avec finesse ce commentaire d’une observatrice :

Comment se réjouir si ce n’est en étant de grands naïfs ? Quand la disproportion rend une pseudo liberté après avoir divisé la population avec des obligations déguisées et de graves conséquences, bas les masques n’est pas qu’un symbole, ce sont des comptes qui sont attendus ainsi que la transparence des contrats signés avec les entreprises commerciales pharmaceutiques. Le 17 février ne marquera aucune fin. Navrée de ne pas monter les bras au plafond mais ça, c’est trop facile…

Tout d’abord, nous avons vécu une régression démocratique et légale sans précédent.

La doxa officielle, matraquée jour après jour par une presse de connivence, aura été que si la gestion de la crise a dérogé à la législation et aux règles normales, c’est uniquement du fait de la gravité de la situation. Ce qui est épidémiologiquement faux : le Covid n’aura pas été la terrible pandémie mise en avant de manière quasi-obsessionnelle par la presse, mais une épidémie respiratoire d’un ordre de grandeur habituel selon tous les standards établis.

Dévoiement de la médecine 

Ensuite, on aura vu une instrumentalisation, et même un dévoiement, de la médecine et de la science, lui aussi sans précédent ; avec une caste techno-scientiste s’étant arrogé tous les pouvoirs au passage. Le totalitarisme de la pensée qui s’est imposé comme une chape de plomb sur les esprits (constituant un redoutable déni de science et de démocratie) devra impérativement nous faire réfléchir. Sans oublier non plus la falsification de la production « scientifique » ni  la corruption institutionnelle, niée par tous, alors qu’elle aura été un motif saillant – rappelée par le seul British Medical Journal – de toute cette affaire.

  • Pour lire « Lorsque la science est politisée et corrompue, des gens meurent : le British Medical Journal sonne l’alarme ! » sur Anthropo-logiques : cliquer ici.

Déni de science et étiquettes imbéciles

Il ne fera pas changer d’avis ceux qui ont pris l’habitude de le détester, mais le Pr Didier Raoult vient de rappeler quelques vérités valant leur pesant de cacahuètes dans son point hebdomadaire du 15 février :

Jamais n’a-t-on mis sur le marché des «vaccins» aussi peu efficaces et utiles que ceux contre le Covid. Présentés comme la «solution miracle», ils n’auront apporté une plus-value sanitaire que marginale, avec des dégâts inhabituellement élevés et scandaleusement niés.

Le travail de propagande en faveur de ces produits, de contrainte sur la population pour qu’elle se soumette à leur inoculation et d’agression des sceptiques est une véritable honte pour la médecine et pour la pensée scientifique.

Le Pr Raoult a enfoncé le clou : faire passer pour des « antivax » – « personnes opposées à tous les vaccins » – ceux qui doutaient à juste titre des vertus annoncées et de la sécurité des injections en question est parfaitement imbécile, autant qu’une insulte à la science. On n’a rien entendu d’autre hélas depuis une année.

La stigmatisation, la discrimination, la ségrégation des « non-vaccinés » aura été une absurdité sanitaire, dès lors que les « vaccinés » étaient tout aussi à risque d’être infectés et contagieux que les « non-vaccinés » ; et une vraie honte en termes de valeurs collectives. Ces procédés sont prohibés par l’éthique et les lois, sans qu’on ne s’en soit jamais offusqué, les médias et les gouvernants en faisant même un usage inconnu… sauf dans les dictatures !

Que nos autorités, qui ont la responsabilité de la gouvernance comme du respect des lois et de l’éthique, soient tombées dans ces plis littéralement totalitaires, y entraînant la société dans sa majorité, doit urgemment nous faire réfléchir.


Tout va très bien Madame la Marquise !

Et c’est là tout le risque associé à cette levée des mesures.

Alors qu’un examen critique sans hypocrisie ni faux-semblants de leur indication et de leur pertinence, ainsi que du rôle joué par les uns et les autres, est impératif, on sent la ligne de défense : nous avons fait du mieux que nous pouvions, nous avons allégé ou levé les mesures à chaque fois que cela était possible, maintenant tout revient enfin à la normale et donc épargnons-nous toute polémique inutile après le match.

Cette perspective est préoccupante, surtout en Suisse où ce genre d’étouffement constitue une sorte de sport national.

Avec la tentation évidente d’occulter au passage tout ce qui s’est produit et a posé d’énormes problèmes, comme la corruption de la médecine et de la science, l’instrumentalisation de l’Etat et de ses instances, la prédation massive sur les fonds publics, la dérive idéologique de nature totalitaire avec des procédés de contrainte et de discrimination honteux et, surtout, l’imposition de facto de l’identité numérique dans la perspective d’un Great Reset à ce que l’on sache annoncé.

  • Pour voir « L’identité numérique sera une arme de contrôle et de soumission » – Éric Verhaeghe sur Epoch TV : cliquer ici.

On crée donc en fait les conditions pour qu’à la prochaine occasion, la population adhère encore plus naturellement aux restrictions qui seront imposées.

C’est là où la nouvelle, en définitive, n’est pas vraiment bonne.

Elle l’aurait été si les autorités nous avaient annoncé : nous avons finalement compris que les mesures prises n’étaient ni nécessaires ni même utiles, qu’elles ont fait énormément de mal sans bénéfices avérés, tout en portant gravement atteinte aux droits et libertés personnelles et publiques.

Or nous avons en réalité à faire à des autorités disant « maintenant que tout danger est effectivement passé » (alors que l’épidémie est techniquement terminée depuis plus d’une année…), nous pouvons enfin lever les mesures. Sous-entendu : que nous avons bien fait de mettre en place.

En incluant, Alain Berset l’a dit lors de la conférence de presse de ce jour en baissant les yeux et la tête, qu’on pourrait réactiver les mesures si besoin était.

En avant vers le meilleur des mondes ?

Nous aurons en réalité vécu un recul et un précédent graves, posant les jalons de l’avancée rapide d’un modèle de contrôle et de crédit social à la chinoise.

Les motifs des mesures imposées depuis deux ans n’ont pas été que – voire pas principalement – sanitaires. L’identité numérique européenne est prête depuis 2018 et attendait simplement l’occasion d’être passée en force, sans que les populations soient consultées.

C’est chose faite, en Europe comme en Suisse. Croire que nous en resterons là serait aussi illusoire que cela l’aura été d’avoir prêté foi à ce que les gouvernements et la presse nous ont raconté de cette « terrible pandémie ».

Il sera essentiel, pour éviter de paver la voie à brève échéance au meilleur des mondes, de se pencher au contraire sur ce moment de folie collective, fût-elle raisonnante (comme l’analyse la docteure en psychopathologie, spécialiste des dérives collectives Ariane Bilheran) que nous avons vécu.

  • Pour voir  « En contexte totalitaire, les pervers sont autorisés à assouvir leurs pulsions de contrôle et de domination » : cliquer ici.

Ainsi que Jacques Pilet l’a exprimé il y a quelque jours : il ne faut surtout pas éviter l’étape de l’heure des comptes. Sans agressivité ni envie de revanche, mais avec avec rigueur et honnêteté.

Car ce qui s’est produit au cours des deux ans écoulés – hors conte pour enfants selon lequel nos bienveillantes autorités nous ont protégés d’un terrible danger – est tout sauf rassurant pour la suite.

  • Pour lire « L’heure des comptes » de Jacques Pilet sur Bon pour la tête : cliquer ici.

 

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