Suisse: 90% des hospitalisés Covid sont non-vaccinés? Faux.

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C’est le leitmotiv asséné depuis deux semaines par les autorités fédérales et cantonales dans les médias. Plusieurs observateurs ont réagi en estimant que ce chiffre était « impossible » au regard des données des pays ayant massivement vacciné, comme Israël ou la Grande-Bretagne. Où l’on découvre le dessous des statistiques.

Lors d’une émission d’Infrarouge (sur la télévision suisse) le 26 août dernier, le ministre genevois de la Santé Mauro Poggia et l’infectiologue Didier Pittet ont martelé ce message, s’en servant pour inciter toute la population à se faire vacciner (enfants exceptés, en l’absence d’autorisation sur cette tranche d’âge).

Charly Pache, fondateur du nouveau média radiophonique indépendant Radiolibre.ch, a tiré cette affaire au clair et dévoilé les dessous des procédés ayant permis de parvenir à cette proportion de 90% de supposés « non vaccinés » hospitalisés :

Dans les chiffres utilisés, « le groupe des non-vaccinés inclut non seulement les personnes qui n’ont reçu aucun vaccin, mais également les personnes qui ont reçu une dose et les personnes qui ont reçu deux doses depuis moins de 14 jours » explique-t-il. Il interroge : « Je vous laisse juger par vous-même de la pertinence de mettre des doubles-vaccinés dans le groupe des non-vaccinés. Une manière transparente de faire ce décompte aurait été de créer quatre catégories:

1/ les non vaccinés,

2/ les vaccinés une dose

3/ les doubles vaccinés depuis moins de 14 jours

4/ les doubles vaccinés depuis plus de quatorze jours

Sans savoir combien parmi ces 90 % sont vraiment non-vaccinés, ont reçu une dose ou ont reçu une double dose depuis moins de 14 jours, il est totalement impossible et fallacieux de tirer des conclusions.

De plus, ces statistiques contiennent les personnes hospitalisées testées positives au Coronavirus, sans distinguer si elles sont hospitalisées pour le Covid ou pour une autre raison. »

L’immunité collective grâce au vaccin est « un mirage »

Or dans ce groupe des patients hospitalisés pour d’autres raisons que le Covid, seuls les non-vaccinés passent systématiquement un test PCR – alors qu’on sait aujourd’hui que les vaccinés peuvent être porteurs du virus… et contagieux.  Ce qui fausse bien sûr complètement les données.

Le directeur européen de l’OMS vient lui-même de reconnaître que la faible durée de l’immunité vaccinale et son efficacité limitée face aux nouveaux variants le rendaient pessimiste quant à l’option actuellement privilégiée du « tout-vaccin ». Comme l’avait déjà reconnu le « Vaccine Group » de l’Université d’Oxford, arriver à une immunité collective grâce au vaccin est désormais « un mirage ».

Les « fanatiques du vaccin » ont fait beaucoup de dégâts en terme de confiance 

De son côté, le Pr Martin Kulldorff, épidémiologiste à la Faculté de médecine de Harvard et grand spécialiste des politiques vaccinales, s’inquiète des pressions, contraintes et manipulations exercées sur la population. Citant en exemple la Suède, pays qui a le plus haut taux de confiance au monde dans les vaccins, mais qui ne connaît aucune obligation ni contrainte, il juge les politiques actuelles contraires à l’éthique et redoute qu’elle sapent la confiance de la population :

« Ceux qui poussent à la mise en place de ces obligations et pass vaccinaux – les fanatiques du vaccin, je dirais – ont fait beaucoup plus de dégâts en un an que les anti-vax en deux décennies » estime-t-il.

Considérant que les politiques contre le Covid ont été « un véritable fiasco » contraire à toute les bonnes pratiques en santé publique, il relève que restaurer la confiance ne sera pas une mince affaire : « Il n’est pas surprenant que la confiance envers les agences et les responsables de la santé publique ait chuté à cause de tous ces messages contradictoires (…).

Tant au sein de la communauté scientifique que de la communauté de la santé publique, nous avons beaucoup de travail à faire pour regagner cette confiance. Cela va prendre beaucoup de temps, mais il est important de le faire et d’essayer d’y arriver.

La seule façon d’y parvenir est d’être très honnête et direct avec les gens, de faire confiance à la population, de l’écouter réellement et de ne pas simplement élaborer une politique de santé publique basée sur la classe « Zoom », c’est-à-dire les scientifiques, les journalistes et leurs voisins, » conclut l’épidémiologiste.
  • Émission et article sur Radiolibre.ch : cliquer ici
  • Article « Covid-19 : l’OMS finalement pessimiste sur la vaccination pour vaincre la pandémie » sur CNews : cliquer ici
  • Entretien « Martin Kulldorff, professeur d’épidémiologie à Harvard, parle du « fiasco de santé publique » du Covid » sur Anthropo-logiques.org : cliquer ici

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