TRIBUNE : « Nous, généralistes, sommes devenus les larbins de cette politique de santé publique guidée par la panique »

Un collectif belge de médecins généralistes et spécialistes tire dix leçons de la gestion de cette pandémie. Et critique les mesures imposées par leur gouvernement. Par exemple, empêcher les médecins de consulter leurs patients en face à face pourrait-il avoir entraîné une augmentation du nombre de décès ?

(Source : Le Vif).

Parmi les affirmations mises en avant pour justifier les mesures coercitives contre le Covid figure celle qu’elles feraient l’objet d’un vaste consensus dans les milieux scientifiques ainsi qu’auprès des médecins. Or, comme l’expliquait le Pr Kulldorff de l’Université de Harvard (un des plus influents épidémiologistes au monde),  ce n’est absolument pas le cas.

Si consensus il y avait, il irait à l’inverse dans le sens de relever que les mesures en question sont contraires aux connaissances en santé publique, dommageables et inefficaces – comme le soutiennent les 15’000 scientifiques et 45’000 médecins signataires de la Déclaration de Great Barrington, réclamant une approche différente et authentiquement scientifique de la crise Covid.

  • Voir « Martin Kulldorff, professeur d’épidémiologie à Harvard, parle du « fiasco de santé publique » du Covid » sur Anthropo-logiues.org : cliquer ici.

Les médecins sont eux aussi nombreux à être dérangés sinon choqués par les mesures prises, comme le démontre l’Appel de Rome lancé lors du Global Covid Summit.

  • Voir « Plus de 8000 scientifiques et médecins dénoncent des politiques sanitaires « criminelles » » : cliquer ici.

Dans une tribune publiée le 22 octobre dans le magazine belge Le Vif, un collectif de médecins généralistes et spécialistes dénonce les absurdités et la destructivité d’une politique qu’ils considèrent comme contraire à la pratique et à l’éthique médicales.

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« Nous, généralistes, sommes devenus les larbins de cette politique de santé publique guidée par la panique généralisée » (carte blanche)

Dans notre système de santé, actuellement, la médecine générale joue le rôle principal de première ligne en matière de santé publique. Qu’est-ce que tout cela peut bien signifier dans le contexte actuel de pandémie ?

En mars 2020, il est essentiel de rappeler que le mot d’ordre donné par le Collège de médecine générale était de décourager les médecins généralistes de consulter physiquement: « Si vous voyez un patient suspect COVID, vous le faites sous votre entière RESPONSABILITE ». C’est le monde à l’envers ! Quelle promotion de l’irresponsabilité, justement !

Il est vrai qu’à ce moment-là, les données concernant la contagiosité du nouveaucoronavirus semblaient devoir nous condamner à l’extrême prudence, et certains d’entre nous n’avaient sans doute pas le matériel nécessaire pour se protéger. Mais, en 2021, des mois d’expériences plus tard il n’est plus justifiable de ne pas examiner nos patients. Il nous semble que le généraliste occupe pourtant une position idéale. Parce qu’en tant que praticien de la première ligne, il est un maillon essentiel entre le patient, ses symptômes, les institutions hospitalières et, le cas échéant, les administrations de santé publique.

Or, que fait la première ligne ? La crise sanitaire semble l’avoir considérablement affaiblie. Plus largement, on se demande s’il faut craindre une disparition de la médecine générale traditionnelle, au profit de téléconsultations par exemple, beaucoup moins coûteuses et potentiellement beaucoup plus rentables – peut-être est-il utile ici de préciser que l’INAMI a créé très rapidement un code pour les consultations à distance durant la crise ? Le téléphone était en effet notre seul instrument de travail, de mars à mai 2020, alors même que des patients souffraient énormément et requéraient de véritables soins ! Est-il légitime de s’étonner que ces aménagements se soient mis en place si rapidement, laissant peu de place aux rapports humains?

En réalité, le médecin généraliste a une importante RESPONSABILITE. Il côtoie entre une dizaine et une trentaine de patients chaque jour, patients qui au fil du temps sont connus dans leur « intimité », dans leur mode de vie, leurs affects et leurs peurs … Toute chose qu’un spécialiste ne peut observer de la même manière. Nous sommes bel et bien des OBSERVATEURS DE TERRAIN. C’est une des forces de notre métier : bien connaitre nos patients pour mieux les conseiller, mieux les orienter et, in fine, espérer mieux les soigner. Ceci a été sévèrement entravé lors de la première vague, tandis que pour certains cela se poursuit.

Il faudrait enquêter plus sérieusement sur la possibilité que ce type de comportement ait, très certainement, entrainé une augmentation de décès (quand on sait que la précocité de la prise en charge est décisive pour de nombreuses pathologies et ce y compris dans l’arsenal thérapeutique contre le covid-19). Les observations de terrain sont le véritable ferment d’une démarche scientifique. En tant que généralistes, qu’avons-nous donc pu observer durant ces derniers 18 mois ?

1. « Traiter » des patients sans les examiner tout en leur donnant le conseil d’aller faire un test PCR puis, de se soigner au paracétamol pour se rendre aux urgences si la dyspnée devenait majeure, devrait être considéré comme une profonde INEPTIE et un crime au regard des connaissances scientifiques.

2. Faire des tests PCR de façon aussi large ne renseigne que très mal sur le statut des patients et sur l’évolution de l’épidémie. Les tests PCR ne renseignent ni sur l’état du malade (malade asymptomatique ou non, restes de virus présents dans le nez à distance d’une infection) ni sur sa contagiosité. Avoir des médecins vigies qui donnent un aperçu de la situation épidémique comme cela s’est toujours fait dans les cas d’épidémie de grippe est largement suffisant. Par contre, avoir à disposition des tests antigéniques rapides dans le but de donner les bons conseils pour isoler rapidement le patient et les cas contacts devrait être une priorité.

3. Porter le masque tel qu’il est recommandé par nos experts n’a que peu de sens. En tant qu’observateur de première ligne, il est facile de remarquer que porter un masque sans être malade, sans être un patient à risque (immunodéprimé, etc.), ou mal porter le masque (masque conservé trop longtemps, non lavé, touché avec les mains, rangé dans le fond de sa poche, etc.) ne peut être d’une quelconque utilité, voire être contre-productif. Par contre, obliger de porter le masque apporte un lot de conséquences nuisibles, tant dans ses conséquences psychologiques que pour les apprentissages ou les rapports sociaux, notamment, des malentendants. Il faut aussi simplement considérer que se prémunir de tout contaminant finira par affaiblir l’immunité de base. Ce port de masque associé au respect des mesures d’hygiène et des gestes barrières devrait être réservé à des situations ponctuelles où son utilité est réellement avérée.

  • Pour lire la suite sur le site de Le Vif : cliquer ici.
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